Départ : Evian (430 m)
Longueur : 422 km
Denivelé : 16400 m
Massifs : Alpes Vaudoises, Valais W - Alpes Pennines W, Grand-Paradis
Sommets associés : Le Diabley Col de Mille Mont Brûlé La Vuardette La Tzoumaz La Tzoumaz Col Fetita Aiguille de la Grande Sassière Pointe Fetita Pointe du Rocher Blanc La Tourche
Sentiers associés :
Sortie du mardi 17 août 2021
Conditions terrain
Globalement tout sec et propre
- Sur le Cœur > L'Au d'Arbignon : De jolies sections alternant avec d'autres bien défoncées
- Sorgnot > l'Erié : Sec et propre. Pas technique mais quelle ambiance et quel cadre, splendide !
- Les Charrières > Le Chatelard : Haut INTERDIT ! Bas en cohabitation autorisée/affichée avec les piétons. Le bas est du coup très très bien entretenu (anti-coupes, etc.) et visiblement bien roulé. Sentier très intéressant !
- Col de Mille > Vuardette : Même si c'est pas toujours très roulant (quelques courts poussages), superbe !
- Vuardette > Liddes : Effectivement bien sympa et varié, tout y est pour une très bonne descente ! Cheminement juste peu évident à suivre quand on passe la "bergerie" à mi-chemin...
Compte rendu
Iti suivi : cf gpx
Après quelque itinérances bien menées et plaisantes, l’idée germait de traverser les Alpes, du Léman à la Méditerranée en mode léger et autonome. Mais combiner une bonne météo pour rouler sereinement et tenir physiquement sur la durée semblent bien compliqués.
Alors va pour une traversée par étapes. Mais par où ?
Un coup d’œil au cheminement du GR5 ne m’enthousiasme pas entre le Chablais qui semble très peu roulant et d’autres secteurs déjà bien parcourus. Ensuite, je trouve un topo de traversée « vélo » mais qui ne me convint pas non plus : presque 3 jours de pistes pour contourner le Chablais puis du très roulant peu motivant. J’en suis quitte à essayer de faire ma propre trace. C’est parti pour un paquet d’heures sur VTTrack à fouiner, imaginer, renoncer, repenser, etc. L’essentiel du jeu est dans le compromis entre cheminement vers le sud et choix des sentiers parcourus. Évidemment il en restera plein de bons de côté qui donne aussi envie !
Parfois même des hauts sommets assez proches (oui, Pierre j’ai renoncé à ces sommets…). Petit à petit une trace commence à se construire. Pour assurer le coup dans la durée, je planifie ensuite des nuits autant que possible en camping. Ca veut dire douche chaude, recharge téléphone et a priori de quoi se ravitailler régulièrement, même si on perd le charme des beaux bivouacs montagne. Compromis disait-on... Une fois une trace finalisée, quelques échanges avec les contributeurs principaux que j’ai vu passé dans les CR et fiches sentiers qui me valident la trace et me permettent d’affiner quelques sections (merci Biblio alias Thomas et Pierre !). Reste plus qu’à attendre un long créneau de beau temps parce qu’il n’y a pas que les anciens qui peuvent choisir leur « jour » de sortie ;-)
L’anticyclone arrive, le départ est donné. Ensuite, tout le jeu consiste à se mettre au diapason d’une virée qui va durer, d’une virée chargée, d’une virée avec son lot d’imprévus. Réapprendre à prendre le temps ; celui nécessaire pour chaque matin ranger ses affaires et préparer son paquetage, celui nécessaire pour monter lentement parce que chargé, celui nécessaire pour trouver une bonne âme pour réparer votre monture, celui agréable pour pleinement profiter de paysages à couper le souffle, celui qu’on oublie parfois pour échanger quelques mots avec le quidam et plus si affinité, celui nécessaire pour sentir les ambiances dans les villages traversés, celui… Bref, prendre le temps avec pour seul objectif de profiter de ce moment hors du temps.
Tout le reste, c’est du détail de sentiers et d’anecdotes…
J1 : Évian-les-Bains – Javerne | 68 km – 1600 m D+ – 0 m portage/poussage
Journée d’approche qui devait être la plus longue en distance
La matinée est occupée par le trajet en train. Découverte du Léman Express (train transfrontalier) pas si express que ça... L’après-midi se sera « l’approche » pour reprendre une expression de grimpeur. Beaucoup de goudron pour se rapprocher des secteurs intéressants du Valais. Pour mieux faire, il faudrait rejoindre Saint-Gingolph en bus, même si les vieux-grincheux-puristes diront qu’une traversée du Léman à la Méditerranée, ça commence forcément à Évian (ou Thonon ?). Puis ce serait dommage de se priver de rouler avec les nombreux cyclo, de ne pas profiter de leurs beaux cuissards prônant des clubs ou des marques dont on s’en fout ! Ceci dit il y a encore moult cols où l’on pourra en profiter ! ;-) Puis il faudrait défricher un bon sentier dans l’entrée de cette belle vallée… Bivouac à la belle qui aura bien intrigué les locaux de l’alpage de Javerne !
J2 : Javerne - Diabley - Saillon | 45 km – 1600 m D+ – 1250 m portage/poussage
La journée qui devait être celle avec le plus de portage mais la Grande Sassière l’emportera !
Dès le départ ce sera poussage, puis portage. Accès assez rapide au Col de Javerne : premiers paysages superbes avec le Léman d’un côté puis le Mont Blanc de l’autre. Un souci de frein avant que j’ai perdu suite au portage. J’ai beau pompé, j’ai du mal à le récupérer… Dans la descente sous Sur le Cœur, le manque de frein avant est très gênant. Les plaquettes mordent à peine le disque. Ca me vaudra une belle glissade avec la roue arrière qui bloquée dérapera sur l’herbe mouillée. Je comprends que j’ai perdu du liquide de frein et que ça ne reviendra pas. Deux options : rejoindre au plus court la vallée et chercher un magasin pour faire une purge (en espérant que ni l’étrier ni la manette ne fuit..) ou poursuivre par Demècre et voir... Je me dis que ça doit « jouer » (comme disent les Suisses) sur les sentiers balcons qui descendent du Diabley et de Fully et qu’après au pire je prendrai la route. Portage donc de 800m, arrivée sur ce superbe belvédère du Diabley puis c’est partie pour une magnifique descente ! Sur la réserve vue l’absence complète maintenant de frein avant… Rapidement je comprends que je n’échapperai pas à la route pour finir. Évidemment bien frustrant mais dès que ça devient un peu raide, c’est ingérable (et même certaines sections de route, c’était un peu tendu !)… Arrivé en vallée, je ferai le tour des adresses que m’indiqueront les locaux (super sympas). Un très grand merci à Bike Evasion (Riddes) qui m’a dépanné alors que l’atelier était fermé…
J3 : Saillon – Col de Croix de Cœur - Champsec | 47 km – 1900 m D+ – 0 m portage/poussage
La journée « tendance »
Longue montée (1700 D+ d’un coup..) pour accéder aux hauts de Verbier, la station tendance DH et e-bike du moment visiblement… Une pause vers 10h30 à la station de la Tzoumaz où pendant que je bois un café avec un croissant, un couple enchaine bières et clopes. On est pas sur le même tempo ;-)
Déjà côté Tzoumaz, l’ambiance station et le monde étant présent mais alors côté Verbier du Col de la Croix de Cœur, c’est bien plus marqué encore !
Que de vélos : DH ou e-bike, faites votre choix ! Je me sens un peu extraterrestre là-dedans et les regards sur ma sacoche de guidon me le font encore plus sentir. Je file tout en traversée pour chercher la descente et quitter ce « buisness world ». Et ben non, les sentiers randos sont interdits aux vélos, obligé de descendre par les « itinéraires officiels », comprendre itinéraires DH ! J’en suis quitte à m’engager dans une DH au milieu des descendeurs, sans protections mais avec une sacoche et un sac à dos chargés ! ;0) Beau tracé où je me fais quand même bien plaisir (surtout avec 2 freins !) puis je tente un sentier balcon (nickel !) qui me permet de rejoindre le sentier initialement visé. Ce sentier à mi-pente est autorisé et même plus : des panneaux de partage de sentier piétons-vélos le jalonnent ! Partage intelligent des sentiers… Dans l’ensemble une très belle descente. A noter que j’ai échappé de justesse au festival e-bike (business.. ceci dit, c’est pas si mal « ghettoriser » les assistés ;0)
J4 : Champsec – Col de Mille - Grand Saint Bernard | 36 km – 2000 m D+ – 150 m portage/poussage
La journée qui devait être celle avec le plus de dénivelée
Je me réveille et j’entends des gouttes sur la tente. Je sors la tête et effectivement les nuages bien sombres donnent quelques gouttes… Quelques averses plus tard, la route est mouillée et moi légèrement humide mais je sécherai avec le soleil qui suivra. Encore une longue montée jusqu’au Col de Mille où je m’enfilerai une bonne plâtrée de roestis ! Vue sur le Combin tout proche superbe ! Bout de discussion avec un local en électrique qui me dit que ce secteur est l’un de ses préférés. Il ne connait pas le sentier balcon que je m’apprête à prendre, lui file droit dans la pente dans le sentier tout lisse… Le fameux sentier balcon se révèlera excellent ! Quel dommage de gâcher par le sentier droit dans la pente. Puis superbe descente. Les journées s’enchaînent merveilleusement ! Au camping, discussion avec deux jeunes qui font le Tour du Mont-Blanc… par la route… Ils passent donc leur temps, et avec plaisir, sur les routes surchargées avec des camions qui klaxonnent pour doubler les vélos ! « Chacun sa route, chacun son chemin… »
J5 : Bourg Saint Pierre - Col du Grand Saint Bernard – Saint Oyen | 38 km – 1300 m D+ – 100 m portage/poussage
La journée de « récupération active »
La journée commence par une rencontre avec un couple d’Espagnols qui font le tour des Combins en BUL ! On a prévu de dormir dans le même camping le soir. On se quitte donc chacun pour son itinéraire avec comme promesse de partager une bière le soir venu ! Petite journée de prévue pour récupérer des quatre belles dernières. Montée tranquille mais un peu longue quand même jusqu’au col du Grand Saint Bernard. A refaire, je prendrais le sentier rive gauche du lac pour éviter la route en tunnel/galerie. Le sentier semble bien roulant même à la montée (un ou deux courts poussages à prévoir). A la descente du col, le sentier visible sur OTM que je convoitais a disparu faute d’entretien (rive gauche du torrent émissaire du lac) et celui qui le remplace n’est pas dément mais permet d’éviter la route surfréquentée. Défrichage d’un sentier balcon super classe ! Après un portage bien raide (heureusement court), descente agréable quoiqu’un peu sur les freins puis longue traversée pour aller chercher le dernier de la journée qui permettra de descendre sur Étroubles, superbe !
J6 : Saint Oyen – Punta Fetita - La Salle| 32 km – 1700 m D+ – 850 m portage/poussage
La journée spéciale Biblio
Thomas alias Biblio a tellement bien vendu le Col de Serena et surtout la Punta Fetita que je trépigne presque d’impatience de répéter cette sortie. La montée déroule bien, avec une alternance de poussage/portage dans le vallon de Serena désert. Une rencontre avec une vache curieuse qui vient à ma rencontre. Évidemment pas rassuré, j’ai fini par prendre la tangente dans un pierrier pour être tranquille… L’ambiance au col de Serena est très belle alors que le sentier qui en descend est moyen : raviné ou bien empierré. La Punta Fetita est superbe tant pour l’ambiance de l’accès que pour le panorama qu’elle offre sur le massif du Mont Blanc, du Grand Paradis, du Vélan, etc. Pour la descente, j’ai trouvé que plus on descend meilleur c’est. Le sentier de Court de Bard est très classe pour son mélézin et son côté intimiste mais ponctuellement bien trop technique pour moi (le T4 c’est pour une moyenne entre T3 et T5 ?). Le dernier sentier qui descend sur la Salle est juste extra, possiblement le meilleur de tout le séjour ! Puis, le soir je reçois un texto de mon voisin de Grenoble qui me dit de me préparer à l’orage. Je me demande ce qu’il me raconte : quel rapport entre un orage à Grenoble et en Val d’Aoste ? Puis le ciel est dégagé ici ? Sauf que quelques heures plus tard, nous aurons aussi le droit au déluge et que ça va durer une bonne partie de la nuit. J’en suis quitte pour un bon test (positif) du tarp !
J7 : La Salle - Col de Rocher Blanc - Tignes | 57 km – 2600 m D+ – 1000 m portage/poussage
La journée initialement prévue comme journée de transition et qui sera finalement celle avec le plus gros déniv
Le plan de cette journée était d’aller chercher le Valgrisenche et de le remonter jusqu’au Refuge Marco Bezzi pour bivouaquer dans le secteur. Finalement arrivé très tôt au refuge (après un gros coup de chaud dans le bas de la montée, probablement 30° ressenti), je finis par passer le col du Rocher Blanc puis appeler Manu :
- Salut Manu. Je serai au Monal bien plus tôt que prévu en fait, dans 10 minutes au lieu de demain matin !
- Tu veux que je vienne te chercher ?
- Ah ouai je veux bien parce que j’ai déjà eu une grosse journée.
- On se rejoint aux Brévières et on va boire un coup ? Puis ce soir on se fait un barbecue ?
- Ah, c’est parfait, à toute !!
La descente du Col du Rocher Blanc jusqu’au Brévières est très longue et varié. Quelques sections très moyennes (dégradées par les vaches) au-dessus des Balmes, d’autres excellentes juste sous le col ou dans le mélézin final.
J8 : Grande Sassière | 15 km – 1500 m D+ – 1500 m portage/poussage
La journée « cerise sur le gâteau » !
Comme j’ai basculé plutôt que prévu côté Tarentaise, j’ai presque une journée d’avance et ça nous laisse toute la place pour improviser une sortie au pied levé. On se met vite d’accord sur la Grande Sassière, le (seul ?) topo qui vaut le coup dans le coin ! Pour le reste, vous savez déjà ;-)
J9 : Tignes - Col de l'Iseran - Modane | 84 km – 2200 m D+ – 50 m portage/poussage
La journée « sauve-qui-peut »
Entre les grosses journées précédentes, l’altitude de la veille et les apéros, là je commence à vraiment accuser le coup. Il était tentant de poursuivre vu la météo clémente mais la fatigue me fait choisir le chemin de la maison pour repos et mécanique. Direction donc Modane pour récupérer un train direction Grenoble. La longue montée de l’Iseran sera finalement une formalité parce que très roulante et peu parcourue au petit matin. La descente du col (GR5) se fait sur un sentier visiblement peu fréquenté, type sentier d’alpage souvent raviné, avec bon nombre de marches, d’épingles et de passages trialisants (T3-T4). Pas dément mais pas inintéressant non plus. C’est long et faut rester concentré jusqu’en bas ! La veille, via le CR de Manu, Brunobf se rend compte que je vais passer par chez lui. Il m’envoie un message via VTTour et on prend rencard. Du coup rencontre improvisée et très sympa avec Bruno et sa famille, à refaire le monde du vélo. Malheureusement écourtée parce qu’il me reste encore bien du chemin pour rejoindre Modane. Chemin que Bruno vient complètement de me modifier : « ah non, ce sentier je te le déconseille vraiment. Il est dégradé et chutes de pierre » et « ah non, celui-là il risque d’être fermé ». Merci Bruno pour tes bons conseils ! Toute la fin s’est faite en tirant la langue, les coups de culs relances étant nombreux, ils étaient de plus en plus durs à franchir ! Puis final en contre la montre avec le vent de face pour attraper le train, gagné avec 10 minutes d’avance après 9h de pédalage ! Train très confort pour rentrer à Grenoble.
Les Alpes du Nord sont maintenant traversées. A suivre pour les Alpes du Sud…
PS: Problèmes de sélection des sentiers via VTTrack: renseignés sur les fiches mais pas associés à la sortie...





















































