Départ : Basse Rua (1781 m)
Longueur : 80 km
Denivelé : 5500 m
Massif : Queyras / Alpes Cottiennes
Sommets associés : Pic d'Escreins Tête de Girardin
Sentiers associés :
Sortie du mardi 13 septembre 2022
Conditions terrain
un peu de pluie ; un peu de grip c'est bien.
- Col Tronchet (versant N) : c'est ludique magnifique - joueur - excellentissime - roulant a souhait
- Col de la Gypière (Versant Sud) > Vallonasso di Stroppia : au niveau du refuge une partie dans les blocs qui ne roule pas, après c'est grisant et lisse jusqu'au pied du col de Stroppia
- Torrent du Pis (partie haute) : ça roule sur sentier lisse et magnifique entre toutes les parties merdiques, talwegs et câble, épingles très difficiles, forêts magiques - un peu d'exposition mais pas trop !
- Col de Stroppia versant ouest : inroulable
Compte rendu
Iti suivi : Basse Rua - Fouillouse - Chambeyron - col de la Gypière - col de Stroppia - Fouillouse - col Tronchet - Ceillac - pic d'Escreins - Basse Rua
Intro
Eté 2022, je pars en vacances le cœur lourd.
Un passage dans l'antre de mon Expemag, merci, mon cœur est empli de belles énergies, ils sont beaux... et un article dans le mag' 200, me saute à la figure.... ça parle du rédacteur qui a perdu sa femme d'une maladie. "Il n'y a pas de mot à la hauteur de la situation, il n'y a qu'une chose à faire : c’est rouler !"
Bien sûr, mon cœur se mouille, mes yeux lisent, mes sens entendent le lien, car le départ soudain de Bruno, m'est un exercice d’une ampleur inconnue et difficile. Il avait une manière qui me sécurisait, il m'était cher dans ce qu'il me permettait d'être. Nos échanges, nos papotages, notre lien amoureux étaient d'une grande richesse de vie. Que me veut la vie ? Que me veut le chemin ? Le bleu magnifié passe au bleu pâle.
Ou comment magnifier la montagne des Hautes Alpes !
Et je rame dans mon cœur tout vert. (Chakra)
En plus, la trace Embrun > Nice n'a pas eu l'effet escompté sur mon moral. Pourtant je devrais me réjouir, genoux et coudes sont de la partie pour pratiquer ... alors je cherche une aventure et je vise les hauteurs, on verra bien !
J1 : mardi 6 septembre : 16h // 5,5 kms 580m D+ // refuge Basse rua > sous le col Serenne
Préparation mentale :
Ce matin 35' de glisse kayak (petite dose homéopathique, pour ma rééducation).
Je jubile, je savoure la glisse et le geste, mon kayak me fait du bien, me redonne de la force mentale et il me remet dans mon projet de retourner quelques jours en itinérance VTT.
Je sens que la montagne m'a manqué. Les hauteurs, les paysages, la vibration, me donnent cette sensation d'être minimalisée, une sorte de quête de l'essentiel dedans, d’unité à la vie. Les hauteurs sont une ressource qui nourrit et apaise mon âme.
Préparation de la trace au petit bonheur la chance :
Puis je me lance, j'appelle le refuge de Basse Rua. Je mange, je recharge les batteries et je peaufine mon itinéraire, mais il manque une option de taille : Pas de connexion.
Alors je prépare mon tour à l'arrache, à l'ancienne, à la chance. Il ne me reste que la carte top 75 et mes fonds de carte de mes applications qui sont aussi en résolution 75 millièmes, tant que je n’ai pas de connexion. Et hop je trace presque à main levée, je verrais bien ... maintenant il faut y aller !
Échauffement mental :
L'article de Johanna Nobilis, en quête de sens me réchauffe le cœur. L'écriture et le propos confortent mes sens et c’est bien écrit. Carnet d'Aventure (Expemag) est avec VTTour, mon lieu de mémoires, mes partages solo. On relit ou c'est relu et ça prolonge les effets du voyage. Puis je lis aussi l'ours des bois, l'article sur l'anti fragile...bah…
Topo chemins refuge de Basse Rua > col de Serenne : Départ 16h ! GO ! Ça monte direct. Poussage et portage. La sortie de la forêt me cueille comme une fleur. A 2000m je me sens délivrée, allégée de poids intérieurs...et le poids du portage n'a aucune conséquence négative sur moi. Ça roule un peu dans le plat de l’alpage.
moutons & chiens gentils & bergerie & source qui coule = rien à signaler. (après la bergerie tout est sec)
Soirée douce :
Soirée parfaite. Méditation particulière. Les sons de la montagne, l'émotion. Sensations à fleur. Forces et soutiens des hauteurs et des anges. Mes larmes n’ont pas la même couleur à 2 400 m. Le Tarp est moins vide. Mon émotion n’a pas la même texture ici. Tout est plus léger.
Nuit chaotique :
23h30...Éclaires de dingue. Pluie. Vent.
L'orage ici fait peur. J'entends les chiens aboyer.
Je déplace le vélo à 30m. ! Cela a-t-il du sens ?
Je ré-enfonce les sardines.
L’ambiance fait flipper.
Je n'ai pas envie de mourir ici, même si c'est un beau lieu.
Finalement les éclairs se calment et l'orage n'approche pas trop.
Dans la nuit un coup de vent détend les tendeurs des sardines et le mat s'arrache. Je reste un moment à le tenir, le temps que ça passe.
Tour du propriétaire et ré-amarrage. C'est une nuit où les éléments ont décidé de me bousculer.
J2 : mercredi 7 septembre : 25 kms 1780m D+ // Col Serenne > Fouillouse > refuge de Chambeyron > col de la Gypière > Bivacco Barenghi
Le topo VTTour www.vttour.fr/topos/brec-de-chambeyron,1196.html (que je n'aurais pas lu)
je cite un commentaire de Pierre : "Partie française avec la Fréma tip top. Le mieux est de partir de Grde Serenne et de faire la montée par la Couletta et la Gypière. On évite le portage désagréable à la montée et la descente inintéressante de Stroppia et on gagne la belle descente sur Grde Serenne."
Topo chemins montée au col serenne et descente : Ça pousse ça roule un peu pas beaucoup. Et surtout c'est magnifique.
La descente est roulante et grisante, le paysage est jaune. Plus bas on retrouve de l'eau. Puis une partie de gros cailloux d'éboulis présente quelques passages qui ne roulent pas. Puis la Bergerie et très vite on arrive à la forêt et le style change et devient trop technique pour moi. Je ne sais pas rouler dans les petits cailloux et la pente. Même à pieds c'est difficile, Ça glisse. Je mets le vélo en travers. Des fois c'est lui qui me tient. Ça devient pénible, ouf la route est là!
Lecture de paysage :
On arrive non loin de Maljasset. Je me plais à lire le col de la Noire (coucou Jeff) , plus loin le Parpaillon. www.vttour.fr/sorties/avanza-by-ticaillou-13-jours-d-errance-entre-piemont,18981.html#sortie.
Le GR in-roulable de Girardin, qu'on avait descendu à pieds avec Bruno.
Tristesse du genre humain à Fouillouse :
Le bout de route arrive à Fouillouse. Il y a un gite restaurant fermé qui m'accueille quand même pour mon pique nique et recharger les batteries. Puis 50 m plus loin un restaurant et une épicerie ouverte !!!. Et oui, ils ne s'entendent vraiment pas. Récit de tristesse humaine. Et hop le café allongé a 2,5 euros. Ça me rend un peu amère. L'accueil l'est. Fouillose c'est le foutoir humain.
Topo chemins montée sur le refuge de Chambeyron : C'est une belle alternance de roulage poussage. La prise de hauteur ne s’annonce pas pire, mais le ciel est menaçant. Le bivouac est prévu à 2800m. Ça ne me rassure pas.
Déception au refuge du Chambeyron :
Au refuge je pénètre. 2 personnes m'accueillent à peine. Ça sent la fermeture, c’est vide. Une personne ne connait pas bien la carte et la gardienne (Marie) me donne les infos avec peu d'engouement, "oui, je sais que vous n’êtes pas responsable de mes actes et de mes choix, donner moi les infos randonneurs s’il vous plait". Ça m’agace un peu, je reste neutre, dans mes petits souliers et patiente. Mon sourire n'y fait rien. J'ai l'impression d'être extraterrestre. La météo ? Elle ne me la donnera pas non plus, prétextant qu'elle n'est pas fiable. J'hésite ou dormir. Si possible pas ici.
Au regard de ses propos j'opte pour une boucle qui retourne sur Fouillouse. Et un refuge 'bivouaco' (Bivacco Barenghi) que je n'ai pas sur ma carte ! J'ai eu du mal à glaner les infos mais je suis quand même rassurée de la suite. Pourquoi tant d'incompréhensions ?
Topo chemins refuge de Chambeyron > col de la Gypière - Bivacco Barenghi : Hop hop ça porte et pousse. Ça roule un peu jusqu'au lac des 9 couleurs. Le paysage soutient largement. Le moral et l'énergie sont bons. Séance photo de mon portage par un couple. "Impressed by me ? Il Ne faut pas"
Ici à 2800m le paysage est alpin, minéral et avec la couleur du ciel, il est rendu hostile. Ici je n'aurai pas pu planter le tarp, me dis-je.
Ce paysage m'envoute. Je prends de l'eau et des photos. Pfouuu ! C'est toujours impressionnant ces hauteurs.
Tout petit portage de 10' pour le col de la Gypière. C'est vraiment la classe. Il y a un lac en forme de cœur. Ici, Mon Cœur est fort heureux. Les hauteurs me renforcent et me transcendent.
Descente un peu raide, un peu dur pour moi, mais ça roule pour les plus forts. C'est court. On arrive en 15' sur le Bivacco à l'italienne par une zone à plat de portage dans les blocs de cailloux.
Bivacco Barenghi – sens en éveil – nuit agitée : Nous sommes à 2800 m. Il y a déjà 7 personnes. J'hésite à descendre plus bas. Mais au final après les échanges de cartes italiennes et photos, je ne suis pas convaincu de pouvoir planter la tente. Je fais un choix "saft". Je reste. Et ce sera banko.
La nuit est calme dedans, mais dehors c'est tempête de vent, un peu de pluie et un peu d'orage. Je vérifie dans la nuit que mon vélo est fixe au milieu du vent. Mon compagnon de voyage ne râle jamais. Oh comme ce bivouac me sauve la mise. Merci mes bonnes Étoiles, merci la chance, merci l’itinérance et l'histoire de tous ces hommes qui ont permis ces refuges et autres abris. C'est vrai que j'ai l'impression d'avoir une bonne Étoile, c'est probablement ce qui nous rend forts, invincibles et mortels. (ou vivants.)
Les nuits sont longues et éveillées. L'environnement extérieur fait du tapage. Sens en éveil. Dureté des lieux. J'écris dans la nuit. Ici il n'y a pas de végétation, trop hostile, trop haut...que du rock !
Ici, je ne sens que la vibration du minéral, de l'eau, des atomes et des esprits. Anges et démons ici cohabitent et dansent au vent. On entend leurs conversations. ça siffle, ça cogne, c'est discontinu, entre les rafales, les presque silences, ça gronde puis ça reprend de plus belle, ça vente sacrément et très sincèrement.
J 3 : 22 kms 1000m D+ / 1300m D- // Bivacco Barenghi > Fouillouse > Maljasset > Cabane de Tronchet
Topo chemins descente vers le col de Stroppia et passage du col nommé aussi Nubierra Le vent souffle encore fort mais le vallon est au soleil, ça rend le départ plus facile. Les anges ont dû gagner.
La descente direction col de Stroppia roule plutôt bien. A part quelques passages dans les rochers au démarrage. Mais dans l'ensemble ça roule. C'est grisant de rouler à vtt au-dessus de 2500 m dans cet environnement. C'est gris rocher et c’est majeur, c’est un peu court à mon goût, je valide ma folie.
Car ! ....
Col de Stroppia et le vtt, montée Italie descente France !
Car !
Tu ne sais pas porter si tu n'as pas validé le col de Stroppia. Si tu ne passe pas du T4 en descente et en portage, ce n'est pas du tout par là qu'il faut passer. Le portage Stropia n'est jamais expo mais il ne faut pas se la mettre dans les petits cailloux ou les passages de rock. Ce portage n'est pas droit dans le pentu. Mais on passe par où ?
Rarement le portage se fait sur chemin lisse. Et la particularité c'est que tu portes à plat, bien sûr à la montée mais tu porteras aussi à la descente.
A la descente le début est raide et mal commode, et en bas c’est raviné et ça reste toujours mal commode jusqu’à rattraper le chemin pour Fouillouse. Au final c’est long ! c'est mouillé par la pluie quelle chance. Ça donne du grip
Mais ça glisse....quand même.
Au chemin c’est lisse facile, ça alterne à la fin avec une piste, on passe par un ancienne zone militaire. Bon sang…c’est la guerre, c’est resté marqué par des bunkers à fleur de sol.
Aléas des chemins, fragile petit caillou :
Quand on sait que le risque existe on sait qu'il n'est pas nul. On fait juste tout pour le minimiser. Par exemple par la prudence, l'entraînement, l'expérience ...
Puis, sans prévenir malgré la vigilance, Je me tords la cheville droite. Non !!!!
je tombe, j'ai mal et je hurle à la montagne ou à la vie une sorte de colère. je ne suis pas taillée dans du rock, mon corps me le rappelle régulièrement. Lui et moi c'est une vraie collaboration....
Je gis a même le sol, comme un petit caillou à sa place. Mes larmes coulent, je suis sûr, contre, avec les cailloux. Je suis seule avec le minéral. Une colère mélangée... sauvage.....m’envahit…
Puis, silencieuse immobile, les cailloux m'ont bien accueilli, je tiens cette cheville, en regardant ces magnifiques sommets. Ils m’enveloppent de leurs duretés, de leurs beautés, de leurs solidités....ils m'apaisent….je m’apaise....mon regard erre...silence...après la pluie le beau temps...les cycles de la vie...
Mise à nue dans mon récit d’aventurière en herbe, dans ma réalité, je suis en pleine mue. Bientôt canyon bike sera en reconversion, moi avec.
récupération tant bien que mal : Fouillouse resto, Et dire que L'abbé pierre est né ici. Jaime Emmaüs.
TOPO CHEMINS remonté queyras par la cabane tronchet Route jusque Maljasset, tout au bout le dernier gite. Son hôte est à l'intersection de mon chemin. Je la questionne sur la cabane tronchet. Je prends un deuxième litre d'eau chez elle. Elle est très sympa. Elle me parle avec amour des vieilles pierres de sa maison. Je serai bien restée parler mais il est tard. Gite au très bon accueil.
Et go. Portage 350 d+. Le vélo est bien calé, je fais tout d'une traite.
Ce chemin ressemble au début à la descente Girardin-Maljasset (mal pavée et pas roulant) puis ensuite il est plus lisse et plus roulant, pour la descente. A la cabane, Il y a des vaches. (Je n'ai pas cherché l'eau des vaches, mais pas d'eau à proximité de la cabane)
La cabane est simple, une table qui sert de lit. Bon cocon. Elle a été refaite en 2021. Je suis seule, heureuse. Les hauteurs me bercent. Le Queyras est à moi, demain. Ce sera ma meilleure nuit de ce tour.
J4 24 Kms 1550 D+ col tronchet – Ceillac – pra au jas – cabane du Bancas
TOPO CHEMINS : col tronchet - Ceillac - cabane bancas sous le pic d'Escreins
Je dévore la fin du col Tronchet.
Manipulation de sacoches. Et jusque l'intersection du lac st Anne, le single est joueur et magnifique. Joie et larmes, c'est que je ne vois plus rien !
Mon vélo est plus fluide plus rapide. Je suis plus dynamique sur mon pilotage. Je pense que mon nouveau cintre et ma nouvelle potence ont du bon.
Remontée au lac (poussage ou comme on veut portage) je porte parce que mon étrier crie. Je me rappelle de cette montée...et je ne veux ni crier ni pleurer, ni m’agacer alors laisse-moi te porter.
Puis je rate le gr, pour la cascade de la pisse et me tape la piste berk….nul
Ceillac Resto gourmand au bon accueil _ carte 25 millième_ et je réajuste la fin.
Je prends l'option de ne pas passer par la Mourière qui semble raide et expo. J'aurai pu dormir à la cabane Andrevaz…
Super sentier, vers l'ubac de l'aval, puis je monte récupérer la piste au Pra du jas. Elle monte à vélo jusqu'au bout. C'est le parking pour le site d'escalade du vallon de la pelouse.
Puis le portage ou poussage commence. Et c'est sacrément raide jusque la cabane Bancas, fermée. Source et eau à volonté, ça s'est bien,
nuit calme et fraiche :
Je passe la nuit sous la pleine lune, sous la tente. Ca caille mais je n'ai pas froid. Ça reste néanmoins une nuit fraiche et peu confortable. Le lendemain tout est givré. En face nord le soleil n'arrive pas tôt...le départ sera tardif.
J5 10 kms 600 D+ cabane Bancas sous le pic d’Escreins refuge basse Rua
TOPO CHEMINS :
J'avais checké la suite. Et quelques topos pour la descente basse Rua. Rien de fou a part que c'est raide et que ça se voit sur la carte.
Le portage pour rejoindre le gr du pic de l'Escreins est encore bien raide. Une courte partie roule, puis encore portage jusqu'en haut. Vue à 360° à couper le souffle.
Le passage jusqu'au panneau (sous le pic d'Escreins ) est tendu mais c'est court, Le genre de terrain en petit caillou en devers que je n'aime pas. Mais le grip est pas trop mauvais, ça passe (à pieds)
Cette descente jusque basse Rua est roulante et magnifique !!! Enfin entre les endroits merdiques….
donc Jusqu'en bas ce qui roule est du single lisse et super jolis. Départ sous le col au top. Ça descend super bien, c’est beau.
Puis épingles de dingue ! je ne passe aucunes d'elles. Elles sont Pentues, étroites et très serrées. Puis passages des talwelgs, merdiques mais rapide.
la partie foret est étroite et très jolie parfois il y a à peine la place pour le guidon. Les arbres sont de proximité, c'est pentue en aval, c'est foret magique, c’est beau.
Puis la partie qui me questionnait sur la carte, est équipée de marche et de câbles. Et quelque part tant mieux que je ne l’ai pas lu, et tant mieux que ce soit équipé car c'est raide, pas expo mais raidasse.
Et là je me dis bon sang, heureuse d’être forte de mon expérience, je suis à l'aise.
2 ou 3 fois je déséquipe le vélo pour descendre d'abord les sacoches et ensuite le bike. Ce n'est ni commode ni simple, mais jamais expo, juste très pentu et parfois glissant. Bon ça c'est fait. Prudence et lenteur sont de rigueur.
Encore un talweg, le chemin est effondré et passe plus bas pour remonter dans le talwegs. Puis ça roule facile jusqu'au parking !
Bilan à chaud de fin de trace
Heureusement, ma forme était au rdv, le baume du tigre et mon mental auront eu gain de cause sur ma cheville et le moral était au top. Et sur cette trace il fallait bien cette force nécessaire à l'aventure et à ses incertitudes. Sur ce tour il y a quelque chose de nerveusement plus éprouvant qu’Embrun - Nice. C'est ça que j'aime, ce côté aventurier des chemins ; tant que ça se passe bien…
J’aurai eu quelques restaurants, j’aurai bien géré la nourriture. J’ai fait de bons repas sans faire les courses de tout le tour. J’arrive à vide.
A l’arrivée sensation particulière de bonheur. Je ne sais pas si j'ai envie de pleurer ou de crier de joie. Je resterais un moment silencieuse, à regarder le parking, le paysage et ma voiture kayak. Introspection – sensation – pour finalement me ruer sur la tapenade corse !
Je suis heureuse d'avoir bouclé cette trace un peu folle et un peu physique. Je voulais faire peu de route et aller dans mes hauteurs. C'est réussi. Je suis heureuse de ce tour, j’ai la sensation que c’est plus majeur en montagne qu’en pertinence VTT, tant pis, c’est comme ça. C’est mon chemin bleu et heureux ; parfait et imparfait.
mon cœur mou - s'échapper -
4 nuits de hauteurs
5 jours hauts perchés
Tricotage en laine de mouton entre France et Italie entre Queyras et Ubaye.
Un itinéraire un peu fou
Rouler pour semer le chagrin
Rouler haut pour reconnecter
Eprouver sa force
Remettre en joie
L'Amour et l'âme en paix
Plus près c'est moins dur.
Tour improvisé
Tour intuitif
Tour de mon cœur
Cadeau de l’errance et de l'itinérance
Une bonne étoile ou deux
En mémoire des moments partagés,
En mémoire de nos silences et vibrations,
En mémoire de notre manière d'être intuitifs, imprévisibles, justes,
En mémoire de chaque sommet, de chaque tour de pédales,
En mémoire de chaque repas improvisé,
En mémoire de ton style, (bien plus rigoureux que le mien)
A chaque voyage (oh!),
Liberté chérie.
L'amour simplement en fil conducteur.
Larmes d'amour de toutes les couleurs.
Te sentir toujours proche, avec moi,
Que c’est dur, mais quelle belle étoile ;
Honorer la vie.
Honorer le vivant.
chemins de vie !
Putain de Vie et de Mort,
Ligne de vie.
Ça finit avec la lune pleine, lumineuse, généreuse, féminine.
Ça ne finit pas…
Je vais encore rouler un peu, hein ?
TOTAL = 80 kms 5400 D+ // 11 kms de route
(se fait en 4 jours bien sur)
Avec : canyon bike - seule













































