Département : Tahiti
Départ : Dzaoudzi (15 m)
Longueur : 20 km
Denivelé : 400 m
Sentiers associés :
Sortie du dimanche 14 juin 2026 (Aujourd'hui)
Seb-L
Conditions terrain
En bonnes conditions : c'est le début de la saison sèche que les locaux appellent la saison "froide" !
"Ce que le Mahorais nomme une 'saison froide' n’implique aucune comparaison possible avec ce qu’une accidentelle homonymie désigne du même mot en Europe", personnellement et librement adaptée d'une citation de Théodore Monod sur la notion de pâturage au Sahel...
- Crête de Moya : Bien sympa. Avec superbes vues sur les plages de Moya (8/10)
- La Vigie : Chouette même si les 5-6 arbres en travers cassent la dynamique. Pourrait devenir un très beau sentier en enlevant ces troncs. (8/10)
- Rive Sud du cratère Dziana Dzaha : Facile et joli. De belles vues, à la fois sur le lac de cratère et sur la mer. (Pour info, la rive nord est nettement moins roulante et plus difficile) (9/10)
Compte rendu
Une brève traversée de la petite sœur de Mayotte, aux formes volcaniques esthétiques.
Sortie réalisée le 7 juin 2026.
Je suis déjà venu à Mayotte l’année dernière, dans un cadre professionnel. J’en avais profité pour prolonger mon séjour afin de découvrir l’un des plus beaux lagons. Tout cela, 6 mois après le passage du cyclone dévastateur Chido, le plus gros qui ait touché Mayotte de mémoire d’homme. Mon paradis côtoyait alors l’enfer des populations locales.
Il va sans dire que les dégâts ont été énormes (au regard du bilan officiel « limité », de 40 morts et autant de disparus), et, aujourd’hui, les plaies sont encore béantes, un an et demi après le passage du cyclone.
Je suis bien conscient que tout ce que je vais raconter ensuite sera bien futiles au regard de la situation de beaucoup de Mahorais.
Une nouvelle fois de passage à Mayotte, je voulais tenter une traversée/reconnaissance à VTT de Grande-Terre, en espérant qu’une partie des sentiers et pistes soient de nouveau praticables, malgré quelques doutes émis par mes contacts locaux.
Mais, avant cela, il me fallait trouver un VTT. Il faut rapidement se rendre à l’évidence : il n’y a pas de véritables loueurs professionnels de VTT sur tout l’archipel de Mayotte. Probablement une spécificité de ce département français. Je tente sans succès auprès de particuliers. Après quelques recherches, je trouve néanmoins une association locale qui possède un parc de quelques VTT semi-rigides et qui serait prêt à m’en louer un. C’est parti, j’en emprunte un pour aller le tester à la journée, lors d’une traversée de Petite-Terre avant de tenter de réaliser un projet plus ambitieux.
Sur Petite-Terre, à pied, j’avais déjà réalisé une belle rando l’année dernière autour du lac de cratère, avec une extension très sympa, de type rando littorale « du vertige », pour rejoindre la plage de Moya à marée basse. On m’avait néanmoins conseillé de rester sur mes gardes car ce secteur semblait « mal fréquenté ». En effet, il y aurait ici des clandestins (arrivés en kwassa-kwassa, des embarcations légères) braconnant les tortues marines pour se nourrir, rappelant que chaque sortie à Mayotte en pleine nature n’est pas anodine, d’un point de vue sécuritaire, pour le M’Zoungou que je suis, l’équivalent du Zoreille ou autre Métro de la Réunion.
Cette fois-ci, comme je loge sur Grande-Terre, je prends la 1ère barge du matin (6h, le dimanche) afin de profiter des heures les plus agréables, avant que le soleil rende éreintant tout effort physique. Il ne fait que 30°C dans la journée (c’est la saison « froide » 🤪, l’hiver austral), mais avec l’humidité et l’intensité du soleil, j’ai l’impression qu’il fait 40°C en pleine journée. Une sorte de windchill à l’envers !
Je débarque à Dzaoudzi, petite ville où siégeait l’administration coloniale, puis je rejoints le cœur de Petite-Terre, via le tombolo, langue sédimentaire qui transforme l’ile de Dzaoudzi en presqu’ile, à l’image de Quiberon (Morbihan) ou de Giens (Var).
Comme presque tout le monde dort encore, je plonge dans un « crypto-univers » de palissades en tôles, en empruntant des singles traversant les bidonvilles et autres bangas (cabanons de tôle) situés entre le village de Labattoir 🤪 et Badamiers. C’est fort instructif, à défaut d’être agréable. L’envers (l’enfer ?) de la carte postale bleue lagon. Les déchets, omniprésents dans l’archipel, ne doivent pas être collectés ici et forment de véritables cloaques. Pas certain qu’il y ait beaucoup de M’Zoungou qui passent par là en journée…
Je grimpe ensuite vers le rebord du cratère qui accueille le lac Dziana Dzaha (quelque fois mal nommé « lac Dziani », puisque dziani signifie « lac » en shimaoré). Il y a 25 ans, je me souviens être tombé sous le charme de la carte IGN de ce confetti de France (cf. photo), dans le cadre d’une étude menée à distance. Y a-t-il un extrait de la fameuse TOP25 aux formes et couleurs plus harmonieuses ? J’en doute.
Une fois arrivé au point haut, le single devient vraiment chouette, avant de plonger vers une traversée en mounta cala (comme on dit en nissart), où alternent courtes montées et brèves descentes.
Il est 10h30. Il fait déjà chaud. Après une descente sur un single bien agréable je descends par la piste à Mtsanga Moya (mtsanga=sables en shimaoré, la langue des Mahorais), les plages des criques en arc-de-cercle de Moya. Pourquoi ces formes géométriques ? Tout simplement parce que ce sont les vestiges de volcans récents (entre 4000 et 10 000 ans, un « détail de l’histoire » pour un géologue !) égueulés/éventrés où l’eau (de mer, en l’occurrence) est venue s’inviter. Les volcanologues appellent cela des maars (même s’il manque les canards…). Le volcan Nord, le plus fermé, abrite une petite baie peu profonde où la houle gagne en amplitude (grâce au jeu de l’hydraulique du secteur), en faisant le bonheur des deux surfeuses que je rencontre. Je passerai les quatre heures les plus chaudes de la journée à essayer de me refroidir dans l’eau à 27-28°C…
Je remonte ensuite, sous un soleil torride 💥, la raide route/piste défoncée jusqu’au pylône de la Vigie, point culminant de Petite-Terre, avec ses 200m d’altitude. Commence ici, un autre single bien intéressant même si, sur le bas, 5-6 arbres en travers nécessitent de mettre pied à terre.
En synthèse, j’ai trouvé cette brève traversée (une demi-journée effective de vélo) bien intéressante 🎉, mêlant notamment des singles dignes d’intérêt et des formes volcaniques rares issues du travail conjoint de l’eau et du feu.
Traversée de Petite-Terre, à Mayotte : 20 km, 350m D+.
On verra dans le prochain CR que les singles fréquentables à VTT ne sont pas légion à Mayotte, dans cette période post-Chido…. Et j’allais oublier : mon VTT est validé pour la suite !
À suivre donc …

Petite-Terre, l'une des cartes IGN les plus esthétiques du territoire national...
© VTTour/Seb-L13 vu
Débarqué de l'avion, je retourne sur mes plages favorites, pour apercevoir le seul vrai sommet de l'ile, le Choungui, dont j'avais fait l'ascension l'année dernière.
© VTTour/Seb-L06.06.26 15:0519 vu
Des plages "carte postale", aucune infrastructure touristique, ou presque. Et oui, tout cela est en "France"...
© VTTour/Seb-L06.06.26 15:1118 vu
Départ aux aurores oranges...
© VTTour/Seb-L07.06.26 06:5117 vu
...pour "barger" vers Petite-Terre
© VTTour/Seb-L07.06.26 07:0520 vu
15 min de barge pour Petite-Terre
© VTTour/Seb-L07.06.26 07:2919 vu
L'une des rares traces architecturales de l'histoire locale (à Labattoir)
© VTTour/Seb-L07.06.26 07:4627 vu
L'enfer du décor...
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Dans les bangas à la mauvaise réputation de Petite-Terre. Un single, facile et large, permet d'accéder aux différents "quartiers" du bidonville.
© VTTour/Seb-L07.06.26 08:0923 vu
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© VTTour/Seb-L07.06.26 08:1318 vu
Sous les cocotiers des bangas
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"Les interdit(s) on sais(t) mais on fait quand même". 50% de la population (officielle, ou celle intégrant les clandestins aussi nombreux ?) vivrait avec moins de 260€/mois...
© VTTour/Seb-L07.06.26 08:1818 vu
Sur la périphérie orientale du cratère....
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© VTTour/Seb-L07.06.26 09:0918 vu
Le magnifique lac de cratère
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© VTTour/Seb-L07.06.26 09:2519 vu
Petit à petit les palmiers et cocotiers décapités, reprennent leur forme originelle...
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Les maars (et plages) de Moya.
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Les farés (abris) de Moya pour profiter des "voulés", les pique-niques traditionnels mahorais (à base de barbeucs)
© VTTour/Seb-L07.06.26 10:2015 vu
En Métropole, le Conservatoire du Littoral interdit les bivouacs sur la cote. Ici, ils incitent à en venir en faire (abris + barbeuc aménagés). Site d'observation de la ponte des tortues marines
© VTTour/Seb-L07.06.26 10:2116 vu
Chido a rendu compliqué l'accès à vélo à la plage de Moya !
© VTTour/Seb-L07.06.26 10:2214 vu
la plage sud de Moya. Le week-end, il peut y avoir foule : 5 à 10 Métros sur la plage...
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Brèches pyroclastiques en bout de plage sud de Moya
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La Grande Barrière de Corail, au sud de Petite-Terre.
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La descente sud de la Vigie
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Voilà les seuls éléments de réparation que j'ai trouvés pour les vélos : dans une épicerie. Malheureusement, pas de rustines !
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La barge, pour le retour
© VTTour/Seb-L07.06.26 15:3415 vu
Distributeur automatique de glaçons, 24/24. A chacun ses besoins !
© VTTour/Seb-L07.06.26 16:2914 vu