Départ : Bon Conseil (1560 m)
Longueur : 24 km
Denivelé : 1400 m
Massif : Grand-Paradis
Sommets associés : Pointe du Rocher Blanc
Topos associés
Sentiers associés :
Sortie du samedi 15 octobre 2011
Conditions terrain
La neige du week end dernier n'a pas bien fondu partout, notamment entre 2750 et 2450, à cause de la nature vallonnée du terrain. Grip idéal partout ailleurs.
- Col du Rocher Blanc (versant Ouest) : Pas mal de névés résiduels entre 2750 et 2450.
- Plateau du Clou > Le Monal : Jonché d'aiguilles de mélèzes, juste à point.
- Le Monal > Passerelle (1849 m) : Pas un brin d'herbe qui dépasse: même en Suisse, ils font pas aussi propre.
Compte rendu
Une course à faire à Tignes me fournit l'occasion d'aller visiter d'un peu plus près le magnifique coin du Monal, et notamment la vallée glaciaire du Clou, juste au-dessus dudit hameau.
Une fois n'est pas coutume, départ matinal (9h15, tout est relatif) de Bonconseil. Le thermomètre du Picasso affiche 3 degrés; va falloir pédaler pour pas geler sur pied.
la montée au Monal se fait assez vite, d'autant plus que
1) l'environnement (immédiat comme lointain) est somptueux et
2) la piste vient d'être refaite au dessus du parking 1799, et est désormais plus lisse que bien des billards.
C'est ici que les choses se gâtent, et la raideur subite de la piste qui continue vers le Clou me rappelle cruellement le manque d'entrainement.
Après avoir rapidement traversé le plateau glaciaire, petite pause rechargement de batteries à mi-parcours, et on attaque le gros morceau: la montée au col. La montée n'a rien d'extrêmement physique, mais les nombreux névés résiduels consécutifs à la chute du week end dernier freinent la progression, et n'aident pas à trouver le bon cheminement, sachant que le sentier (de type plusieurs sentes à vache plus ou moins parallèles) n'est déjà pas très bien tracé à la base.
Tant bien que mal, je finis par atteindre le col, où s'offre à mes yeux ébahis ma première vue sur le Val d'Aoste. Bon pour être honnête, on ne voit pas grand chose, mais le peu qu'on voit (de la Punta di Tei à la Punta Bassac Sud, en passant par la Grande Rousse et son magnifique glacier) donne bien envie d'aller voir de plus près!
J'avais repéré sur IGN l'antécime du Rocher Blanc, à 3012, en me disant que ça pourrait faire un chouette premier 3000, s'il s'avérait roulable. Or, point. Note qu'avec le nombre de pros des 3000 qui sont passés dans le coin, s'il y en avait un de roulable dans le quartier, m'est d'avis que ça se saurait déjà...
En revanche, le vent glacial et la nebbia qui monte de Valgrisenche à vitesse grand V ne donnent pas envie de s'attarder, donc séance photos express, et avanti!
La première portion, jusqu'au petit lac glaciaire, est assez sympa et accessible, dans la plus pure tradition du dré-dans-l'pentu de haute altitude, avec sous les roues une gravette-qui-tient-tant-mieux-qui-tient-pas-tant-pis. Divertissant. La petite traversée sous le lac est bien agréable dans le genre technico-qui-tourne-mais-faut-pas-s'en-coller-une (mazette, y'a du gaz).
C'est là que ça se gâte. Ce que l'on devine être un sentier très intéressant en temps normal (bien que pas toujours très bien tracé), est transformé ici en une alternance de bouts de sentiers (30m dans le meilleur des cas) et de névés à traverser sur son élan (passera, passera pas?) ou à contourner. Si l'on ne rechigne pas à un pilotage un peu free ride, les crêtes (qui voient bien le soleil) offrent une alternative salutaire, mais c'est un peu frustrant quand on pense au potentiel du single. En revanche, la dernière partie jusqu'aux Balmes est très plaisante dans le genre traversée cassante (marches, pif-pafs) mais qui n'oublie pas le côté ludique. Quelques anciennes sentes à vache désormais recouvertes d'herbe permettent de rallier le fond de vallée, vite et bien.
Pour retourner à Saint-Jacques, c'est soit la piste, soit l'herbe en rive droite du torrent, mais dans ce cas là, point de sentier, c'est navigation à vue et démerden sie sich.
Les premiers mètres de D- se font sur la piste, mais cela vaut le coup, car le single de descente sur le Monal est assez unique en son genre: bien cassant (on a rarement vu autant de marches naturelles en si peu de distance) et dans un mélézin d'une beauté absolument renversante. Surtout aujourd'hui, avec les couleurs d'automne, les aiguilles sur le sol et les rayons de soleil qui filtrent à travers les branches.
La bise au biquettes du Monal, et on file vers l'Echaillon et Bonconseil via le petit single herbeux en rive droite du ruisseau (plus propre tu meurs) et la piste de montée (heureusement très belle, ça console un peu).
Pour finir, au parking 1799, je décide de tester le sentier balisé rose, direction Bonconseil. Très bonne pioche: quelques épingles faciles et une looooongue traversée (avec toute ce que ça implique de montées-descentes) dans une ambiance Colombie Britannique bluffante. Que du bon. En revanche, coup de gueule contre le (ou les) goret qui a pris ce sentier piéton pour une piste de DH permanente, en appuyant des dérapages à peu près tous les 20 mètres. Tentative de lobbying auprès de piétons (regardez moi ça, y'a des vététistes qui respectent rien, je suis aussi scandalisé que vous ma brave dame).
Remontée de la station par la route pour retrouver la voiture, bien cramé (dans tous le sens du terme). Sur le parking, trois vététeux visiblement satisfaits de leur journée de ride à base de manips à...3 voitures! De la à penser qu'ils sont les auteurs des labours susdécrits, il n'y a qu'un pas...le franchirons-nous?
Au rayon coup de gueule, la chance de rouler dans un environnement glaciaire aussi riche permet malheureusement aussi de mettre le doigt sur la réalité de la fonte des glaciers. On ne voit jamais aussi bien que de près la différence avant/après...
Cela dit, rien qui ne puisse gâcher une de mes plus belles journées de VDM de la saison!










